mardi 24 août 2010

Citadine, up !


Nuit blanche et idées noires



Je n’ai pas à me plaindre de mes nuits blanches. Au moins, je contrôle tout ce qui s’y passe.
Du pot de Spéculoos bientôt vide à mes envies de sauter du toit (sans conséquence directe), tout y est encadré et soumis à des règles strictes et conformes à ce que j’attends d’un moment de solitude.
Ainsi ai-je pu redécouvrir La Flûte enchantée de Mozart, que je n’imaginais pas si longue, ou apprendre dans la presse que le torse de Beigbeder sur la publicité des Galeries Lafayette n’était en fait pas le sien.
Autant de choses très déprimantes dont je m’accommode très bien.
La journée qui suit une nuit blanche, quoiqu’un peu difficile à aménager en raison de la fatigue, reste beaucoup plus facile à aborder que si elle succédait à un cauchemar, ou pire, à un joli rêve. Essayez donc de passer une bonne journée après vous être vue aimée, mince, et dégoulinante du bonheur qui vous a quittée il y a quelques années déjà.
La bonne gestion du réveil faisant suite à un joli rêve ne relève plus du pot de Spéculoos, non plus que des phrases encourageantes de votre entourage, dont le champ d’action se limite à vous déprimer davantage (pourquoi pas, après tout).
Théoricienne de l’éducation parfaite, ma mère ne m’a pourtant jamais préparée à ça.
L'effondrement émotionnel qu’engendre une telle expérience aurait justifié je crois ne serait-ce qu’une petite phrase prosaïque de sa part, du style, je ne sais pas : « C’est rien, c’est juste un beau rêve, rendors toi ma chérie ».
Et pourtant, dieu sait qu’elle met tout son cœur à ne pas me maintenir dans l’illusion en temps normal.
Aujourd’hui encore, il lui arrive de me rappeler que les personnages de films ne meurent pas pour de vrai (notamment King Kong, qui aurait bien du mal à mourir, compte tenu de son existence purement numérique), et qu’en conséquence, il est inutile d’être si émotive -non mais de quoi je me mêle.
J’aimerais rappeler que King Kong (la dernière version, donc) reste à ce jour le film le mieux fichu. Je ne l’ai pas inventé : on peut voir les poils qui sortent du nez de King Kong en zoomant (et peut-être aussi ceux d’Adrien Brody, j’irai vérifier).
Je ne vois donc rien d’anormal à ma réaction de l’époque, n’importe qui se serait fait avoir.
Je vous quitte sur ces digressions, il se fait tard et j’ai une nuit blanche à préparer.