dimanche 23 août 2009

MADAME GONTRAN
La plupart des gens ignorent combien il est hautement jouissif d’associer l’acte de mastiquer, de manger ou encore de boire autre chose que de l’eau à celui de ne rien faire de vraiment traumatisant intellectuellement, voire de ne rien faire tout court. Peut être évidemment ont-ils à cœur d’enfourner sans en avoir l’air un petit chocolat ennuyeux de temps en temps devant la météo de Catherine Laborde, mais sans réelle ambition de débauche, juste en dilettantes modérés et courtois envers eux même ; et parce qu’il faut bien se consoler de la pluie annoncée.
Mon chocolat à moi serait peut-être ennuyeux mais en tout cas suivi de ses 29 autres camarades ennuyeux, de sorte que ma frénésie alimentaire ne soit pas uniquement satisfaite le temps de connaître la température du lendemain, cette dernière information m’étant de toute façon inutile (je regarde la météo uniquement pour me moquer des tenues dont on affuble Catherine Laborde et élaborer à ce sujet quelques théories probables de conspiration, que n’importe qui serait en droit d’espérer pour justifier un mauvais goût aussi insigne).
Personnellement je trouve le chocolat/météo d’une banalité coupable, et je suis ordinairement beaucoup plus disposée à descendre une pâte feuilletée crue devant le journal de Harry Roselmack.
Et bien entendu pas pour railler, cette fois.
J’ai déjà entendu une fille de mon age proclamer haut et fort « Ouais Harry il est pas trop mal, ch’trouve, mais ça s’rait quand même vachment mieux sans la bosse qu’il a sur la tête, quoi. »
Mais elle était bien sur de mauvaise foi, et je ne serais pas surprise qu’elle ait un poster à son effigie dans sa chambre, au dessus du lit sur lequel il serait étonnant qu’elle pense à PPDA lorsqu’elle se masturbe.

Quoi qu’il en soit, ce mardi 13 janvier, à 17h00 très précises, vêtue d’une charmante veste couleur paprika parfaitement assortie à mes cheveux oranges (se dit « auburn » chez les filles qui le portent bien), je décidai, suivant le principe décrit plus haut d’éprouver la joie double de mâcher un chewing-gum saveur melon/fruits rouges, garanti avec sucre et de rentrer chez moi, les bras chargés de vêtements soldés que je ne mettrais sans doute jamais, à cause de ma théorie du chocolat de groupe.
Réduite à l’état de mésozoaire par trois heures passées en cabines d’essayage à entendre pester mes congénères contre des pantalons trop petits (et non pas contre des cuisses trop épaisses, naturellement) j’entrevis avec bonheur la perspective de regagner mes pénates, trop meublées pour que l’on puisse réellement parler de grotte mais c’était l’idée.
Le parfum fruité de ma gomme n’était plus aussi résolu; il s’apprêtait à rendre l’âme tranquillement, suivant ses promesses de produit bas de gamme (très cher au demeurant) lorsque tout à coup, et dieu sait s’il n’est pas trop occupé à ne pas exister que je m’en serais passée, la porte du magasin s’ouvrit sur Mme Gontran, Femme ayant appartenu et sévi à une période obscure de ma vie en sa qualité de professeur d’une matière que je m'alloue le droit aujourd’hui de nier avoir étudiée.
Une fois, elle s’était mis en tête de faire apprendre par cœur à ma classe les huit étapes par lesquelles se doit de passer un lavage des mains pour prétendre à cette AOC. Je ne vous les épargnerai pas, je tiens absolument à ce que vous puissiez compatir :



PROTOCOLE DU LAVAGE DES MAINS




1_ Ouvrir le robinet (tiens donc)
2_ Mouiller ses mains
3_ presser le distributeur de savon
4_ Faire mousser puis savonner ses mains avec attention
5_ Rincer
6_ Refermer le robinet
7_ S’essuyer les mains à l’aide d’une lingette jetable
8_ Jeter la lingette après s’en être servi pour ouvrir la poubelle.




Aussi m’accordai-je le droit de ne pas vouloir croiser Mme Gontran.
Vous noterez que l’étape numéro 8 peut se révéler très dangereuse, suivant que l’on possède ou non de bons réflexes.
Parce que ouvrir le couvercle, ok, mais l’étape numéro 9 « vous aurez pris garde à ne pas coincer vos doigts lorsque le couvercle retombera lourdement de lui-même », moi je ne la vois nulle part.
Ou alors, si on veut vraiment aller jusqu’au bout des choses, autant avoir une poubelle avec ouverture au pied.
Du coup, on supprime l’étape numéro 8, on rajoute celle-ci en tant que recommandation de début de liste et le compte est bon, hourra, on a toujours huit étapes.
Mais en tout cas on reste cohérent, merde.
Soit dit en passant, mon père aurait répliqué qu’il manque au moins deux étapes intermédiaires à cette liste si l’on tient à faire des économies d’eaux, mais ceci est une autre histoire et n’a pas sa place ici.

Enfin bref. L’entreprise d'éviction s’annonçait rude.
Compter sur ce benêt de mur bleu pour camoufler ma personne orangeâtre procédait de l’utopie; contraste des complémentaires oblige : j’étais faite.
Je tentais néanmoins désespérément d’occuper toutes les particules de l’arrière plan disponible lorsque je distinguai tout à coup très nettement que Mme Gontran se tournait vers moi pour m’adresser un sourire que je ne lui avais jamais vu et qui n’était de toute façon en aucun cas conforme à mes souhaits de rentrer chez moi.
Elle avait envie de parler, ça crevait les yeux. Moi pas, mais ma discrétion polie me perdra un jour: je souris aussi. Bêtement, d’ailleurs mais peu importait puisque je venais de me sacrifier sur l’autel des convenances sociales, en bon Saint Bernard qui n’a pour autant rien demandé à personne.

Sourire, bêtement ou pas, c’est ouvrir sa porte et désigner son divan.
C’est une chose sotte, qui engage très logiquement à entrer, s’asseoir, et, pire que tout, à s’épancher.
Chez Mme Gontran, l’œil torve et la démarche laborieuse, parfaitement décelables depuis mon point de vue misanthropique réduisaient de beaucoup ses chances de faire exception à la règle.
Je pris donc le parti de me résigner, bêtement, là encore, au lieu de prétexter un rendez vous urgent chez mon magicien martiniquais ou mon boulanger - pâtissier, ce que tout individu doué de sens pratique aurait fait dans la seconde.

Pour être tout à fait sincère, les premiers instants de l’entretien furent prometteurs. Il y était surtout question de satisfaire la curiosité légitime d’un ancien professeur sur ce que je devenais « depuis ». Rien de trop insurmontable, je m’imaginais très bien en avoir fini 5 minutes plus tard, 10 si je m’imposai d’être tout à fait honnête dans mon récit mais il se faisait tard et j’avais faim.
Le thème délicat du chômage venait à peine d’être abordé que je décidai aussi sec de le saborder et jetai un coup d’œil grossier à ma montre, en prenant soin de bailler et d’évoquer le feuilleton événement à ne pas louper sur TF1 vers 18h, soit à peu prés une demi heure après le succès escompté de la manœuvre, ce dernier point étant d’une véracité que je m’étonnais moi-même de porter à la connaissance d’autrui, y compris dans ce cadre de repli stratégique.
Je ne doutai pas de la violence de l’information ni de ses chances de réussite à court terme mais Mme Gontran, imperméable au propos, profita tout à la fois d’une interruption étourdie dans ma phrase et du sentiment rassurant d’avoir rempli le devoir préliminaire de s’enquérir de ma vie, pour _la peste soit des mauvais présages qui se réalisent_ geindre à propos de la sienne et lancer négligemment qu’elle avait été licenciée.
Je failli m’étouffer devant l’effronterie de cette confidence indésirable.
Pourtant, je n’étais coupable de rien du tout qui aurait pu l’encourager dans ce sens. Dans mon souci de rusticité, je ne me rappelle même pas avoir ridiculement demandé si ça allait.
Et quand bien même. Il paraissait évident que mme Gontran était de ces personnes rétives qui ignorent le principe de la réponse unique, du oui universel que l’on se doit de prononcer par réflexe et bienséance devant une question de toute façon presque toujours hypocrite et en tout cas chaque fois indifférente pour ne pas dire hostile aux réponses négatives éventuelles, à plus forte raison lorsque, comme moi, on ne prend même pas la peine de la poser. Ou alors agissait elle hypocritement elle aussi et seulement dans le but mesquin de me prendre de mon temps, mais ses lacunes en matière d’anticipation ou d’élaboration intellectuelle, machiavéliques en l’occurrence (dans lesquelles elle s’était d’ailleurs beaucoup illustrée auparavant en commettant devant moi des erreurs de langage sinistrement involontaires mais qui confinaient au superbe) ne se prêtaient pas à ce type de soupçons.
Madame Gontran, telle que je m’en souvenais, était d’une façon générale beaucoup plus redoutable en punissant à coup d’heures de colle que de mots d’esprit et je ne pouvais raisonnablement pas lui en tenir rigueur même si, effectivement, je n’aimais pas être la cible des heures en question; et il n’y avait rien de très étonnant dans le fait que je l’aie souvent été puisqu’à cette époque ma créativité littéraire menait grand train pendant ses cours et grâce, notamment, à l’ennui opportun qu’ils exhibaient sous mon nez avec indécence. En outre, de tous les êtres humains, madame Gontran et moi-même étions certainement les plus désignés pour respectivement commettre une crasse d’obscurantisme et la subir.
Je décidai malgré tout, l’eau ayant coulé sous les ponts, de lui prêter une oreille attentive, mes parents m’ayant bien éduquée ou en tout cas dans ce sens, tout en émettant à mon intention et par l’autre oreille une juste réserve quant à mon désir véritable de l’aider.

Elle appartenait à cette sorte de femmes que l’on ragaillardit à coup sur par un bon compliment d’ordre esthétique, et c’est exactement ce que je m’apprêtais à faire jusqu’à ce que la vue de son double menton ne m’ôte toute velléité d’une fabulation réussie. De plus, il eût été indubitablement déplacé, quoique férocement tentant, de remanier l’éloge requis en proportion de la réalité.
Et je lui aurais bien tapé sur l’épaule mais fallait pas pousser.
Je ne sais plus très bien comment j’ai pris mes cliques et mes claques ni dans quelle mesure j’ai pu faire preuve de crédibilité lorsque, seule chose dont je me souvienne avec exactitude, je proclamai avec verve et le luxe condescendant d’une sérieuse commisération à peine feinte qu’elle n’avait à mon avis aucun souci à se faire mais en tout cas je me retrouvai quelques minutes plus tard assise dans un bus avec la désagréable sensation d’avoir vu un monument tomber.

C’était peut être très exagéré d’assimiler Mme Gontran, effroi de mon enfance d’il y a deux ans, à une sorte de tour Eiffel et puis d’ailleurs je ne me rappelle pas avoir admiré ni l’une ni l’autre dans ma vie mais je n’aime pas m’entendre conter ou assister à la chute des choses étant reconnues comme fortes ou imposantes.
C’est irritant, inutile.
Tandis que le bus progressait, je tentai d’enlever à la nature environnante un peu de ses gracieux atouts pour les porter à mes regards et retrouver l’insouciance perdue, incarnée quelques heures plus tôt par une malheureuse friandise désormais insipide.
Sans succès.
Arrivée à destination, je fis couler un bain, réessayai mes achats, constatai avec amertume que mon pantalon de lin noir était manifestement trop étroit et m’envolai vers d’autres horizons, en d’autres termes sur le canapé, devant la télé que j’allumai dans l’urgence d’une très pénible certitude, celle d’avoir au moins loupé les 5 premières minutes de mon feuilleton, retard orthodoxe spécifique à la chaîne pris en compte.
J’étais sur le point de m’affaler avec tragique et sans souci particulier d’élégance lorsque se rappela à ma mémoire mon compagnon de route agonisant entre mes dents.
De toute évidence, il ne connaîtrait pas l’assassin d’Isabella Graham (...) Parker Jones Williams.
Je me relevai gravement pour prendre alors la tardive mais non moins nécessaire décision de le jeter et accompagnai ce geste de la pensée déplaisante parce qu’obscène en cette fin de journée ensoleillée que tout compte fait, Mme Gontran n’était peut-être pas qu’un monstre.



Jactance 2006

Eikichi

Parce que c'est pas faux du tout, et qu'on y lit des trucs super cool à mon sujet, je vous invite à lire cet article tiré du blog d'un ami.
(Vous pouvez aussi lire les autres articles, même si on y parle pas de moi, ils sont très chouettes)

http://vinh.guyait.free.fr/dotclear/index.php?2009/08/03/47-droit-de-reponse

jeudi 6 août 2009

En vue d'une publication avec la talentueuse Ood Serrière...

CELIBAT

Il se passe un truc tout à fait surprenant dans ma vie et dont je situe le début des manifestations au premier juillet à peu prés (on n’est pas à l'abri de ma mauvaise foi)
Voici: Je suis attirée par tout ce qui bouge et même (comme j'en ai été informée hier) par ce qui ne bouge pas.
Car en effet, c'est avec un mélange de surprise et d'amusement que j'ai du reconnaître en moi même hier matin dans le bus (ligne ligne 22 _Châtelet/Marché de Rungis) l’incroyable évidence : Je m'étais follement éprise de la barre de fer à laquelle je me tenais fermement pour ne pas me départir de mon élégance dans les brusques virages (la peste soit des nombreux rond points).
J'avais envie de l'enserrer, de l'étreindre, de l'embrasser à pleine bouche.
Afin que nul n'en ignore, je vis depuis quelques mois un célibat jovial et décontracté qui commence quand même un peu, au risque de provoquer une contradiction dans les termes, à me casser les couilles.
J'informe donc toute personne qui me lirait qu'actuellement je trouve du charme à chaque individu qui croise ma route, quand bien même il est acnéique ou partisan de la peine de mort.
J'ai même développé une grande clémence vis à vis des petits seins (1).
En conséquence de quoi, j'annonce très officiellement que je recherche quelqu'un qui soit de Paris, et de P-A-R-I-S exclusivement, voire peut être soyons fous de Montpellier.


(1) Mattez un peu la sortie du placard.
LA LIGNE


Autant Danton a dit « Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut bien la peine ! » , autant je ne me souviens pas avoir jamais dit quoi que ce soit qui aurait pu ressembler à « Un jour j’écrirai sur la ligne ».
Evidemment je suis comme tout le monde, et moi aussi je peux prétendre avoir connu des périodes troubles dans ma vie, qui ne me reviennent absolument pas en mémoire, alors que mon entourage dans sa totalité, en revanche, se les rappelle dans leurs détails les plus préjudiciables (ce qui est très frustrant).
Tenez, il y a eu ce jour supposé où j’ai voulu, parait-il, étouffer le chien sous un coussin et blesser ma sœur à l’aide d’une fleur en fils de fer.
Moi je veux bien avoir fait tout ça, et même avoir pris plaisir à le faire mais je suis prête à le déclarer sous serment, je n’ai jamais dit « Un jour j’écrirai sur la ligne ».
Ah ça non.
Pour écrire sur la ligne, il faut aimer la ligne, avoir connu sa famille, s’être encanaillée avec l’algèbre, avoir déclaré haut et fort dans son berceau et devant des parents émus jusqu’aux larmes « plus tard je serai architecte ou je ne serai rien ».
Et moi je vais vous dire, j’ai jamais été fichue d’avoir une règle dans ma trousse, je me faisais un point d’honneur à emprunter celle de mes camarades sous l’œil mauvais de mon professeur de mathématiques, et pour la rendre cassée en général.
Alors bien sur, j’en vois déjà qui m’objecteront : « Ah oui mais il y a toutes sortes de lignes, il y a les lignes courbes, les grandes lignes, la ligne d’horizon, la ligne minceur, la ligne de mire, la ligne d’eau, et puis celle qui te permettra de te plaindre oralement à ton rédacteur en chef après avoir composé péniblement ton texte (*), etc.»
Ceux là ne savent pas de quoi ils parlent, c’est évident. Je suis sûre qu’ils croupissent en ce moment en fac de Sciences économie et gestion et c’est bien fait pour eux. Ils aiment peut être ça, d’ailleurs mais je ne veux pas le savoir, ça ne me regarde pas. Est-ce que j’expose, moi, mes tendances honteuses à regarder Pyramide? Non.
De toute façon, et même s’ils avaient raison, moi j’ai un compte à régler avec la ligne de mon enfance, celle qui compromettait chaque fois les félicitations sur mon bulletin, face au français (avec qui j’entretiens par contre de très bons rapports).
C’est tout et c’est comme ça.
Alors je refuse l’idée d’une ligne courbe, d’une ligne artiste, qui a des choses à dire, d’une ligne sympathique; tout ça pour pouvoir continuer à m’engueuler correctement avec la ligne de mon enfance par l’entremise de ce journal, oui mesdames et messieurs, parfaitement, et effacez moi ce sourire en coin.
Si vous voulez, je peux vous citer Sacha Guitry, aussi.
« Il est bon de lire entre les lignes, cela fatigue moins les yeux.»
Et toc.





(*) Même pas, je l’ai écrit en un quart d’heure.

mercredi 5 août 2009

Voici un extrait de ma prochaine publication, "Couleurs tolérables" avec le talentueux Roberto Pena au dessin :).






Pour mettre un peu de couleur au milieu de tout ce blabla !




Ce livre textes/illustrations sortira courant septembre si tout va bien, chez les éditions Soleil.

mardi 4 août 2009


LE MIEN, JE L'AIMERAI.


Le code pénal, quoique très bien fait, reste toutefois ténébreux sur deux points qu’il me semble pourtant nécessaire d’aborder aujourd’hui (on n’est plus des gamins), afin de savoir une fois pour toutes, et à des fins strictement personnelles, s’il me faut continuer à vivre dans la frustration ou pas. Voici donc :

1) La légitime défense est-elle un argument recevable et applicable lorsqu’il s’agit de défendre autrui et qu’autrui se trouve être un objet X qui coûte très très cher?
Sous question : parle t-on alors d’assistance à objet X très très cher en danger ?


2) Dans le cas qui verrait l’assaillant (hypothèse) n’être (par exemple) qu’un individu de moins de dix ans (j’en sais rien, mais imaginons), parfaitement conscient de ses actes, jouissant d’un discernement en pleine forme, et ayant prémédité son geste selon toute vraisemblance puisque justifiant pleinement du mobile, du moyen et de l’opportunité inhérents au but poursuivi, conviendrait-il alors de réagir selon la manière sus-citée ?

Bref, y a-t-il un texte de loi qui prévoit que l’on puisse tuer un enfant tout en étant pleinement dans ses droits ?

Après vérifications minutieuses, l’immarcescible code pénal laisse entendre que non (mais ça n’est pas très clair, on sent bien qu’une ouverture est laissée).

Mais alors :
3) est-il possible de déporter l’acte sur le parent le plus proche géographiquement?


Le parent est responsable de l’éducation de son enfant, et si ce n’est pas lui qui s’empare directement de l’objet très très cher, on peut facilement imaginer qu’il cautionne le geste de son enfant, à partir du moment où il ne lui fiche pas une tarte dans la figure (choix qui peut s’avérer avisé s’il s’agit d’éviter que l’objet X ne tombe bêtement sous le choc, mais il ne faut pas rêver, c’est rarement le cas).

Alors de deux choses l’une : -ce qui était ma première idée-, on décide de réagir à la place du parent invalide, et on se charge de la baffe par défaut à destination du gamin ; ou alors on frappe l’adulte, qui est indirectement coupable. Mais à mon avis le plaisir ne doit pas être le même.
J’ai trouvé sur internet un témoignage anonyme qui m’a beaucoup troublée :


« Pour les enfants méchants :

Le martifouette, c'est Génial ! Les clous font un petit peu mal, mais bon, quand y faut...J'ai essayé aussi l'isolement dans la cave pendant 2 heures, avec une cassette où j'ai enregistré des bruits de chaînes et des hurlements, mais les voisins se plaignaient du bruit !Une
amie m'a conseillé une autre méthode d'éducation que je trouve vraiment barbare, qui consiste à expliquer les choses à ses enfants, ne pas s’énerver inutilement, et essayer de rester zen. »

Si cette personne se reconnait, j’aimerais assez qu’elle me contacte, j’ai des projets d’avenirs pour elle et moi.
De toute façon, je n’ai jamais aimé les enfants.
Je croyais naïvement que l’un des seuls avantages de n’être pas sociable était de les tenir à distance. Voire peut-être même, en cultivant mes facilités naturelles, de leur faire peur. Tu parles.
Les enfants m’adorent. Pas tous, bien évidemment. Uniquement ceux qui ont beaucoup de choses à dire, et de longs cheveux pleins de nœuds à coiffer pendant des heures.
Des heures de joie. Bon, je sais que je constitue une sorte de modèle à atteindre, et que peut-être ma misanthropie peut ne pas être perçue depuis un si petit cerveau.
Je dois avoir l’air « gentil », « timide ». Personne ne pourrait se douter un seul instant que j’ai appris en cours de médecine légale comment faire du mal à un enfant de 9 ans sans que cela ne se voie*.
J’ai eu le cas un jour d’un individu rompu aux techniques de torture chinoise, pour qui crier par intermittence dans le TGV constituait le sommet du raffinement.
Car en effet, il est plus drôle de laisser les gens s’endormir entre deux hurlements, un enfant de quatre ans vous le dira.
Après une rapide étude de la situation, j’ai décidé ce jour là d’utiliser la méthode délicate et peu connue dite du « regard de maniaque », lancé à l’insu des parents, et qui constitue si on le maitrise bien une très bonne approche des nuisibles, même accompagnés.
Ensuite, j’ai passé une agréable journée parisienne à imaginer le sale gniard dans dix ans entre les mains d’un psychothérapeute.
N’importe qui ne peut pas envoyer ce regard, bien sur. Tout le monde n’aime pas terroriser un enfant, ou, plus fréquemment, n’en a tout simplement pas les moyens. J’ai connu des personnes qui faisaient rire des mioches avec des procédés se voulant cruels. Ce sont ces personnes là qui en bavent le plus. Elles deviennent des nounous idéales, les parrains/marraines que l’on choisit, et auxquels on adore confier nos rejetons, parce qu’ils ne savent pas refuser. En plus, les gosses les adorent.
Je ne sais pas vous, mais faire rire en voulant faire pleurer, moi je trouve ça vachement humiliant.
J’espère que ça ne m’arrivera jamais.









*Il est inutile d’essayer de me contacter afin d’obtenir ces renseignements.


lundi 3 août 2009

Inaugurons ce blog avec mon dernier texte ^^

MARIE CLAIRE


Ce jour là, le médecin était très ponctuel et n’avait qu’une heure de retard, mais j’avais jugé prudent de me plonger dans un magazine, pour le cas où.
Il me fallut cinq minutes pleines pour m’apercevoir que je lisais mécaniquement un article sur les vomissements chez le nourrisson sans m’être aperçue de rien, et peut-être même en y trouvant de l’intérêt.
Prise de panique, je me penchai sur la table pour faire l’inventaire de ce qui s’y trouvait à disposition, avec le sentiment désagréable d’avoir été utiliséé.
Pour m’ennuyer j’avais donc trois choix : les enfants (info bébé), les finances (Finances & Développement) ou les études de consommateurs (là j’ai oublié, il y en avait plusieurs).
Nous échappions au « Marie Claire », mais à quel prix ?
Je pense qu’il y a des gens normaux, qui vont voir un chiropracteur, et qui lisent « Voici » et « Public », parce qu’ils ont le reflexe responsable de vérifier que Lizarazu est toujours célibataire (ou qu’il est en passe de le devenir, ou plus probablement qu’il l’était il y a 6 mois).
Parce que c’est l’unique moyen d’oublier qu’on attend depuis une heure les services aléatoires d’un médecin coûteux non remboursé, en présence d’un gamin qui hurle, et d’une mère qui ne lui colle pas une baffe.
Personne ne veut savoir si ses quenelles Auchan sont une arnaque.
Bon, si, peut-être. Mais pas à ce moment là.
Y a-t-il quelque part dans la salle d’attente des caméras dont le but est de traquer les patients déviants avant même qu’ils ne pénètrent dans le cabinet ? Ceux qui sourient en lisant "patrimoine magazine" ne renseignent t-ils pas déjà sur une pathologie (soit-dit en passant qui n’aurait rien à voir avec leurs os)?
Alors je pose la question :
Qui s’occupe du choix des magazines dans une salle d’attente ?
Quel être humain suffisamment immoral, corrompu et psychologue dispose des qualités requises à l’élaboration de réponses précises sur ce qu’il y a de plus emmerdant à lire sur terre ?
La secrétaire, le médecin, les patients ? Les patients, je n’y crois pas trop. Si je déposais un « Public » au milieu des « Que choisir ? », je doute de sa survie sur le long terme.
Je pense que le choix des magazines relève d’une attribution bien à part et mal connue. Mal connue car secrète et marginale. Très probablement payée sous le manteau. Les bons fournisseurs de lecture pénible sont sans doute très disputés sur le marché, et traqués par des rabatteurs encore plus rares travaillant pour le compte d’une majorité de dentistes.
Je suis quand même étonnée que ma chiropractrice fasse appel à ces gens là, elle avait l’air respectable.
Quoi qu’il en soit, je souhaite vivement postuler.
Je suis disponible immédiatement, très motivée, et je possède la biographie de Nicoletta.
Veuillez agréer mes salutations distinguées.