vendredi 19 août 2011

Araignées

Araignées




J’ai souvent observé, en tapinois, les mains de mes amantes. Sans pourtant avoir les yeux de Chimène, je leur reconnaissais cette beauté singulière capable de rendre un homme fou. La vie d’une femme se reflète sur ses mains… Soignées, ou triste témoignage de l’incurie souvent observée chez celles qui sollicitent mon assurance pour rétablir la leur, je les imagine repousser le soudard aviné, froisser tendrement la chevelure ordonnée d’un amant gourmé, ou empoigner avec force le mari trompé, trop exalté pour y percevoir l’agressif ennui de sa femme.
Les femmes se servent de leurs mains sur moi comme si j’étais tous ces hommes à la fois. Et, de fait, dans un ordre pas toujours très cohérent…
Je ne leur en veux pas de ne pas savoir qui je suis.
Alors je les laisse me tester, me malmener, aussi extravagante que puisse paraître la chose quand elle succède à la passion génésique. C’est peut-être aussi ça, faire l’amour. Toutes griffes dehors… Triste arsenal.
J’aime ces mains pour ce qu’elles m’offrent de toutes les femmes qui m’aiment et me punissent d’un même élan…
Leur sang sur les miennes.