lundi 29 mars 2010

Ce bon vieux Boccioni illustrera mon nouveau texte.

L'homme qui marche





L’individu marchait, qui perdait tout son sang.
Se parlant à lui même et ne sachant pas où aller, il portait sur le visage cette chose étrange, et que personne ne s’expliquait très bien étant donné sa situation : l’opiniâtreté.
Une belle et franche opiniâtreté au palais persistant, à la robe profonde, et aux accents de cassis.
Un peu comme si personne ne lui avait perforé le cœur.
Un peu comme si quelque chose de grand au bout de la piste aléatoire allait le guérir, au lieu de le blesser davantage.
Tout à coup, et devant l’assistance médusée, le sujet s’empara d’un souvenir heureux et l’infligea à sa mémoire sans broncher.
« Ooooooh »
« Aaaaaaaaah »,
Ponctua l’assistance, qui visiblement souffrait plus que l’individu lui-même.
Artisan de son propre sort, et minutieux avec ça, il se concentra de toutes ses forces sur ce qui lui faisait mal, de telle sorte que les larmes puissent au moins relever le défi de la tragédie grecque pour laquelle le voyeurisme avait payé.
Mais rien ne vint. Force était de constater que l’individu n’aurait pas les oreilles coupées ce jour là.
L’assistance éprouva alors à son endroit une sorte de dégout, qui n’était déjà plus d’actualité lorsqu’elle se fut éparpillée dans le dehors en des milliers de petits êtres insignifiants et sans couleur.
Ce ne fut qu’à ce moment là, pris par le silence et par la douce solitude, que l’homme rouge consentit à cesser de marcher.

dimanche 28 mars 2010

Nouvelle Hybride !

Finfarine


Finfarine fut frappée de maladresse le jour où sa mère lui apprit qu’elle était maladroite.
Depuis, la malédiction amusait et consternait son entourage d’un même élan, quand elle ne le contaminait pas. Finfarine était capable, par maladresse, de beaucoup de choses, et il n’était pas rare qu’un certain talent s’échappe d’elle, tout à fait par fortune.
Le talent était la seule chose dont Finfarine n’avait pas à s’excuser. Il reposait son quotidien, lui assurait une crédibilité, mais décourageait la compréhension de tous. Peu à peu, et par nécessité intellectuelle, il parut évident que la maladresse s’inscrivait en fait dans cet art, et les choses s’inversèrent petit à petit, comme elles le font toujours en étant livrée au jugement.
Avant même de comprendre ce qui lui arrivait, Finfarine fut proclamée première Femme panthère performeuse. Et les proies qu’elle était incapable de chasser lui furent offertes sur un plateau d’argent. Finfarine constata que ces dernières riaient beaucoup moins qu’avant. Peut-être n’étaient-elles pas sensibles à l’art ?
Et vous pouvez vous gratter pour avoir l'illu, j'aimerais bien avoir des commentaires sur mes textes pour une fois :).

mardi 23 mars 2010

Le boulot d'un correcteur est de changer une phrase correcte pour la rendre incorrecte, sous le nom de l'auteur . Le saviez vous?

Voilà, vous étonnez pas si y a des trucs qui vous semblent inadéquats dans le bouquin.
Manifestement, je n'ai pas vu toutes les conneries qu'on y a apportées avant impression.

mercredi 10 mars 2010

Extrait de mon nouvel album "Hybride", avec Robi Pena au dessin :).



Misty



Avant de chasser une souris pour lui briser la nuque, Misty prenait quelques précautions utiles.
Elle tenait en particulier à ne pas avoir l’air ridicule et abandonnait pour cela son apparence humaine, sous laquelle son activité eut été assez mal vue. Les sens ainsi aiguisés, le jeu était simplifié, l’allure souple, et le plaisir se maintenait à un niveau stable, sans surprise. Il arrivait qu’un rongeur, qu’elle soupçonnait être toujours le même, plus malin que les autres, lui compliqua la tâche, et la tira de sa routine. Reconnaissante, elle graciait le petit animal parvenu finalement à bout de souffle et de ruses, espérant que les rôles soient un jour inversés.
Puis, reprenant sa forme initiale, elle retournait à d’autres activités plus humaines.
Chasser les hommes, et briser les cœurs.