_ Mon bon Jean-Charles, vous débarquez. Tout le monde sait ça depuis déjà très longtemps. Vous ne souhaitez quand même pas en tirer parti, si ?
_ Bien sûr que non, je serais bien incapable de l’envisager.
_ Parce que si vous l’envisagez, j’en suis.
_ Dans ce cas, nous devrions prendre votre Jaguar. La bijouterie d’Oncle Hugues se trouve à quelque huit cent kilomètres d’ici, et en cette période de l’année, j’aime à penser que les sièges chauffants trouveront leur utilité. De plus, je viens de faire remplir le bar.
_ Nous nous éloignons de toute circonstance atténuante, vous vous en rendez compte, Jean-Charles.
_ Oncle Hugues acceptait mes Petits-Lu quand il m’arrivait de lui en proposer. Je n’avais que neuf ans. Aucune rivière de diamants ne le rendra moins débiteur à mes yeux.
_ C’est recevable. Savez-vous si la pluie est supposée durer ?
_ Au moins la journée. Si nous tirons parti des performances de Titine, nous serons chez Hugues pour le thé. D’ici là, nous ne devrions croiser aucune force de l’ordre.
_ Et s’il y avait une éclaircie ?
_ Un escargot magique ne peut prendre forme humaine qu’après quelques heures de beau temps. Reprenez-vous, Claude, nous sommes en Vendée.
_ Nous nous rendons à Antibes.
_ Soit. Nous changeons de région, pas de saison. Cessez d’être pessimiste.
_ Tout de même, je ne suis pas sûr à présent de vouloir prendre le risque d’écraser un policier.
_ Les mollusques ne ressentent pas plus la douleur que les félins la culpabilité. Pourquoi croyez-vous que j’aie suggéré de prendre votre Jaguar ?
_ Je vous aime, Jean-Charles.
_ Moi aussi, Claude.









