mercredi 6 octobre 2010

;)


Mme C.



Je retournerais bien dans la classe de Mme C, pour y entendre à nouveau mes quatre vérités. Elles étaient pas trop mal, les quatre vérités de Mme C. :

- « Tu possèdes un sens de l’analyse remarquable. »
- « Tu as tout compris. »
- « Tu as de très bonnes idées. »
- « Mais tu fous rien. »

Les deux premières vérités étant à la fois synonymiques et interdépendantes de la troisième, je me dis que Mme C. ne savait plus trop comment me témoigner son immense affection.
Ce qui explique dans une très large mesure le contenu de la quatrième, à mettre sur le compte d’un sentiment lucide de redondance.
Je pense que les personnes qui nous aiment nous le font savoir par paliers, le dernier étant souvent la somme contrariée des précédents.
Car évidemment, à trop attendre un retour, on finit aigri.
Il faut savoir qu’une personne géniale l’est pour son propre compte, et n’a pas à gratifier en permanence son entourage de son talent, fut-il utile* à un bulletin scolaire.
Et encore, je trouve que j’en ai fait pas mal. Certes, je n’ai jamais obtenu les félicitations, mais c’est un choix qui me revient. L’artiste vit dans l’ombre, dans la contradiction, et dans le mépris de la reconnaissance sociale, qu’il obtient malgré tout (les faits sont là, retournez lire mes trois premières vérités). Mais l’artiste est sensible, et quiconque ne s’en aperçoit pas se rend coupable d’un biais d’observation.
Madame C. était-elle une artiste ? Personne ne le sait, mais elle en possédait en tout cas la réceptivité. Sa passion insatisfaite pour ma personne lui ajoutait un petit côté «maudit» tout à fait à propos.
Quoi qu’il en soit, qu’elle crève. On ne rend pas à un élève une copie stipulant qu’elle méritait quatre points de plus juste parce qu'on est frustré.




* «Futile utile», tiens. Pas mal.